Liban 2019: À la croisée des chemins

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Liban 2019: À la croisée des chemins

Le temps des pommes

Le président Jacques Chirac aimait les pommes, et comme par un de ces hasards de la vie, cet imposant personnage de la vie politique française s’est éclipsé alors que le temps des pommes bat son plein au Liban et ailleurs dans le monde. Je vous rassure, je ne parlerai pas de ce grand disparu aujourd’hui, mais j’ai cru bon de le saluer au passage et de placer ma pomme dans le panier des hommages, également !

Au réveil il y a quelques jours, un mal de tête, une congestion et une toux pour compléter ce palmarès de symptômes qui ne laisse aucun doute : je suis malade! Et vue que c’est une « grippe d’homme » (comme on l’appelle au Québec)– l’homme étant, semble-t-il, plus vulnérable que la femme et ressentant les symptômes de ladite grippe avec plus de férocité –, j’étais particulièrement éprouvé… J’ai donc décidé de consulter un médecin. Premier constat, le médecin au Liban est facile d’accès, moyennant bien entendu une assurance médicale. Ma consultation fut prévue dès le lendemain. Le diagnostic était clair : une sinusite causée par la congestion, en gros un rhume qui prendra son temps pour guérir. Prendre son mal en patience, donc, et une recommandation supplémentaire de mon médecin : rester dans un environnement « pas trop poussiéreux, pas trop pollué, pas trop enfumé, le temps de guérir ». Un moment, j’ai cru qu’il allait conseiller de retourner au Québec !

Heureusement qu’en ce début d’octobre, c’est le temps des pommes au Liban. De Baskinta à Kfardébiane, de Aïnata à Jezzine, et de Zghorta à Bécharré, les vergers sont pleins à craquer. Une belle occasion de s’enfuir de Beyrouth et de prendre le chemin de ces villages qui rivalisent de beauté.

Nous nous offrons une escapade, qui nous fait rêver un peu de ce bon vieux temps où l’on vivait plus près de la nature, aux portes de Faraya. Plus précisément à un atelier qui permet aux petits et aux plus grands de découvrir la nature et de s’amuser loin de la folie des villes. Lorsqu’on veut être en symbiose avec notre nature, on peut donc y arriver… Reste à appliquer, si cela était possible, cette même formule à nos environnements urbains. Mais la nature en ville, n’en parlons même pas ! Un véritable génocide environnemental, presque aucun survivant vert de ce terrible tsunami de béton qui a envahi le Liban ces dernières années.

De l’autre côté du monde, le Québec vit également au rythme des pommes, ces jours-ci. Et le temps des pommes là-bas, c’est également celui des couleurs : le vert passe au jaune, puis à l’orange et finalement au rouge. Les nuages blancs s’invitent dans le ciel bleu, le temps de déverser les pluies de l’automne annonciatrices d’un hiver qui ne tardera plus maintenant.

Le Québec, parlons-en de ce Québec qui vit « présentement » au rythme de la campagne électorale canadienne. Les citoyens peuvent orienter leurs choix politiques en fonction des propositions et des programmes politiques, et en fonction de leurs priorités, qui peuvent varier selon les besoins des uns et des autres. En d’autres mots, tout citoyen peut changer d’avis, voter bleu une fois, orange la prochaine et rouge la troisième! Je m’amuse parfois à rêver de ce à quoi ressemblerait le Liban si on changeait de couleur de temps en temps…

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